mercredi 23 novembre 2011

Au revoir et ... A bientôt!

Je n'ai pas envie de te dire "Adieu", car je sais qu'un jour je serai aussi là où tu es aujourd'hui.

Alors que je me promenais avec mes deux petites-filles, je me suis assise sur un banc pour me reposer un peu et admirer notre beau village. Dans leur poussette,elles étaient presque endormies. Je t'ai vu de loin, remontant le chemin à la sortie de la forêt, ton chien devant toi. Je savais que tu étais malade et qu'il n'y avait plus d'espoir de guérison. Je pensais que tu passerais ton chemin en me saluant simplement, mais tu m'as regardée et tu m'as rejoint. C'est toi qui a commencé à parler. J'étais bouleversée. Tu avais tant maigri. Moi, d'habitude si sensible, j'ai pensé"sois forte... pour lui". Je ne pouvais pas te parler de la pluie et du beau temps. Tu ne t'étais pas arrêté pour cela. Je l'avais compris. Nous avons parlé de la vie, de ses injustices. Tu m'as parlé de tes enfants, de ta femme, de votre courage à tous pour affronter cette épreuve. Tu trouvais même la force de sourire et je sentais que tu avais encore envie "d'y croire". La dernière fois que nous nous étions vu, c'était à ma galerie, tu venais voir si j'avais une peinture du Doubs... un endroit que tu aimais tant!... Entre-temps, la maladie a fait son apparition.

Assise sur ce banc, je savais que je te voyais sans doute pour la dernière fois. Cela m'a énormément touchée, cela a ravivé chez moi beaucoup d'émotions et de pensées vers des êtres que je souhaiterais revoir et que je ne reverrai plus. Quand tu es parti, je t'ai dit "au revoir" avec une boule dans la gorge, retenant mes larmes. Tu n'avais sans doute pas conscience, combien notre rencontre, ce jour-là, allait à jamais être inscrite dans ma mémoire. Je ne pourrai plus jamais m'assoir sur ce banc sans penser à toi.
Nous n'étions pas des amis proches, tu étais plutôt une bonne connaissance pour moi. Tu étais quelqu'un de sympathique et d'attachant. Je suis si heureuse que ce jour-là, tu te sois arrêté pour me parler. Cela fait fait déjà presque deux mois.

Samedi soir, en rentrant chez moi, j'ai croisé un de tes bons amis. Il marchait en direction du village, lui qu'on ne croise qu'en voiture. Je l'ai salué de l'autre côté de la rue. Il baissait la tête et m'a répondu d'un air triste. Et en une seconde j'ai pensé "il est mort". Je le ressentais. J'en ai parlé à mon conjoint. Je lui ai dit "je suis certaine qu'il est parti"! Je n'ai eu confirmation de mes pensées que deux jours plus tard.
Notre rencontre m'a marquée. Tu ne souffres plus. Aujourd'hui je pense à ta famille, ton épouse, tes enfants et j'espère qu'ils trouveront la force de continuer sans ta présence physique. Repose en paix et merci pour ce partage d'un instant qui a la valeur d'un cadeau!